jeudi 19 décembre 2013

Réduction de l’utilisation du Mercure dans l’Orpaillage à Kédougou : L’alliance pour une mine responsable engage la concertation




La lutte contre l’usage et les émissions du mercure, la formalisation de l’orpaillage dans la région de Kédougou, sont entre autres objectifs que s’est fixé l’alliance pour une mine responsable (ARM).Face à la presse, le coordonnateur du projet Yves Bertran n’a pas manqué de souligner les importantes mesures d’accompagnement des orpailleurs qui vont rythmer ce projet de trois ans...


Formaliser l’orpaillage en adoptant de bonnes pratiques d’exploitation tout en prenant en compte les aspects environnementaux, sociaux, sanitaires et de sécurité du travail, c’est là l’une des missions principales du projet « filière or équitable et réduction de l'utilisation du mercure dans l'orpaillage en Afrique de l'Ouest » lancé à Kédougou. 

Dans sa phase d’exécution, le projet d’une durée de trois ans, sera réalisé par l’Alliance pour une mine responsable (ARM) avec ses partenaires en l’occurrence l’organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI),  le Conseil pour l’Or artisanal (AGC) et d’autres sources. Mais sa mise en œuvre dans la région de Kédougou se fera en collaboration avec l’association Kédougou action et développement (AKAD).

Face à la presse, Yves Bertran, coordinateur du projet pour ARM précise que le programme permettra à terme « la réduction, et l’élimination des émissions de mercure en relation avec les techniques d'orpaillage ». Ce géologue qui parcoure depuis 15 ans les régions rurales d'Afrique et d'ailleurs pour accompagner les mineurs dans leurs aspirations à devenir des opérateurs formalisés et organisés, est convaincu « d’une prise de conscience des orpailleurs à propos des risques environnementaux et sanitaires liés à ces pratiques  ».


Déjà, trois groupements d’intérêts économiques ont été identifiés  à Kédougou pour  exécuter la phase pilote. Il s’agit des sites d’orpaillage de Bantako, Douta et de Dambala. A cet effet, une prime compensatoire de 10 à 15% sera attribuée à tout orpailleur qui exploitera  sans l’utilisation de produits nocifs comme le mercure.  Ces mesures incitatives  vont améliorer du coup la rentabilité des exploitations pour le développement de la communauté en promouvant  un avenir plus ouvert à leurs enfants. En outre, elles leur permettront de produire plus d'or tout en réduisant « les tâches les plus ingrates et pénibles » et en le vendant à un prix proche de celui du cours mondial.

Autant de mesures d’accompagnement saluées par des acteurs à la base qui ont apprécié positivement la réalisation de ce projet. C’est le cas de Saiba Diaby, jeune orpailleur. « Il est vrai que nous utilisons le mercure pour extraire l’or, mais nous ne savions pas tellement les dangers que nous encourons. C’est pourquoi la mise en œuvre d’un tel projet pourra non seulement nous protéger contre des maladies liée à l’utilisation de ces produits nocifs, mais également augmenter notre chiffre d’affaires » a-t-il confessé. Les autorités Etatiques de la région emboitent le pas et affirment que le projet entre en droite ligne dans la politique de l’Etat de formaliser l’orpaillage traditionnel. 



Une ferme volonté affichée par le gouvernement de la République du Sénégal avec la signature le 14 juin dernier d’un arrête du ministre des mines formalisant l’orpaillage. Il s’y ajoute également la signature par le Sénégal de la convention de Minamata au Japon le 10 Octobre 2013 contre l'usage et les émissions de mercure.


Mahamadou Lamine BARRO

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